Chapitre XIX

Mélinda avait le cœur qui battait à tout rompre, elle avait les mains moite et commençait à s’inquiétait. Les soldats de l’Empire étaient plus nombreux que ceux de la Résistance. Tout le monde s’était stoppé net en voyant les troupes Impérial prête à défendre corps et âme leur souverain. L’Enac soupira et se tourna vers Kaï’Jad lui demandant du regard ce qu’ils devaient faire. L’aracnor sembla réfléchir puis sauta au bas de sa selle et se transforma en une araignée de deux mètres de diamètres de couleur noire avec de longues pattes fines mais puissantes. Il fallait sonner la charge. Levant le poing, l’adolescente poussa un cri digne des meilleurs guerriers d’antan. Il y eut un écho dans les troupes et les soldats se mirent à courir vers les gardes de l’Empire qui ne bougèrent pas d’un poil. Une nuée de flèches fut tirée depuis le mur d’enceinte du palais, quelques Résistants furent tuer et beaucoup furent blessés plus ou moins grièvement. Mais, plein d’espoir, ils continuèrent à se ruer sur le palais. Bientôt les boucliers se heurtèrent à ceux des soldats de l’Empire et les épées s’entrechoquèrent. La jeune tahora aux yeux vairons était aussi furieuse qu’une lionne défendant ses petits. Elle se battait hardiment comme si le sort du monde en dépendait, ce qui était le cas. Beaucoup périr dans les deux camps jusqu’à l’arrivée du Dieu-Empereur en personne. Il était debout sur l’une des tours, les ailes étendues. Il cria alors :

 

« Enac, viens à moi et tes petits camarades vivrons et je ne leur tiendrais pas rigueur de leur acte déloyal. Refuse de me rejoindre et vous mourrez tous dans des souffrances telles que vous souhaiterez ne jamais avoir vu le jour. Mes troupes vont se retirer le temps que tu réfléchisses. Je te laisse dix minutes pour faire ton choix. Deviens mon esclave ou vois tes amis disparaitre ! »

 

Il replia ses ailes, ajusta sa couronne et s’en alla. Les soldats du Dieu-Empereur rentrèrent dans la cour du palais, laissant les Résistants soigner leurs blessés et pleurer leurs morts. Kaï’Jad repris forme arcaëllienne et on lui apporta des vêtements. Sur les rues pavées il y avait du sang, des membres coupés et des têtes. Il devait rester trois-cent personnes de la Résistance tout au plus. Mélinda avait la tête basse, trop était morts pour elle à commencer par ses parents. Une larme perla de son œil bleu, elle l’essuya avec rage. Elle ne devait pas flancher, pas maintenant, pas si près du but. L’aracnor et chef de la Résistance s’approcha d’elle et lui posa une main sur l’épaule gauche.

 

« Que comptes-tu faire ?

– Je… Je vais me rendre. Je… Je ne… Je ne veux plus de mort pour moi ! »

 

Kaï’Jad baissa la tête, elle savait que la gamine était butée et que lorsqu’elle avait une idée en tête, rien ne pouvait l’arrêter. Les Résistants encore valide formèrent un cercle autour de Mélinda, attendant ses ordres. La jeune arcaëllienne aux ailes blanches releva la tête et dit :

 

« Le livre de la vie qui est écrit pour nous par les Dieux est incertain. Ce soir, vous avez vaillamment combattu. Je suis fière de vous compter parmi mes amis. Mais… Mais je dois me livrer afin de vous sauver. Il y eut des murmures mécontents, Ne soyez pas triste, là est mon destin et que Gar’Haz m’en soit témoin, je mourrais avec honneur s’il en a décidé ainsi. Je ne suis pas une grande bavarde mais ce soir j’aimerais adresser une prière pour nos sœurs et frères morts au combat. Que Jurk, épouse de Gar’Haz, leur tienne la main jusqu’à l’Autre Rive. Qu’ils rejoignent le cercle de Ge-Ban comme guerriers farouches et hardis. Que les Dieux aient pitié de nous et nous gardent du malheur. Maintenant, si vous le voulez bien, je vais aller voir Morloc et lui botter le cul ! »

 

Il y eut une ovation assourdissante. Mélinda se dirigea vers la grande porte menant au palais sous les hourras de ses gens. Deux gardes Impériaux l’attendaient, arme en main. Ils lui confisquèrent son épée et ses dagues. Puis, dans un silence lugubre, l’Elue des Dieux fut conduite vers la salle du trône où Morloc l’attendait. Elle marcha d’un pas fière et sûr. Même sans arme, elle pouvait le vaincre, s’était là son destin. Et si les Divinités l’abandonnaient maintenant, alors le monde courrait à sa perte. Les trois arcaëlliens arrivèrent dans une vaste salle où, au fond, trônait le siège Impérial. Dessus était assis Morloc l’œil hagard et mauvais. Il sourit de façon sournoise en voyant l’adolescente et dit :

 

« Alors, c’est toi qui doit m’effrayer et me vaincre ? Ha ha ! Une enfant ? Tu n’es même pas adulte, t’as même pas de seins ! Mais… Je me ferais une joie de te dépuceler. Est-ce un frisson qui vient de te parcourir ? Haha ! Approche mon enfant ! Jure-moi fidélité et tous tes petits camarades ne périront pas en vain !  Comprends-tu ?

– Je comprends mais ne me soumettrais pas. Je suis l’Elue des Dieux, la guerrière du peuple ! Et… Elle étendit le bras droit, brandissant le poing, Tu vas mourir ! »

 

Rapide comme m’éclair, elle parvint à faire tomber le garde qui tenait son épée et elle la récupéra. Morloc, furieux, se leva et dégaina son arme. Pestant contre l’Enac, il descendit les trois marches menant à son trône. Ils tournèrent un moment, s’épiant, se jaugeant. Puis, lançant la première attaque, Mélinda bondit sur Morloc. Le Dieu-Empereur esquiva l’attaque d’un mouvement ample, ils se retrouvèrent dos à dos. Se retourna avec rapidité, la tahora se jeta une fois encore sur son ainé et ennemi. Ce dernier se mit à rire en esquivant à nouveau et abattit le plat de son épée sur les fesses de Mélinda.

 

« Tu n’es pas très douée pour une guerrière.

– Je ne fais que m’échauffer ! »

 

Elle tendit la main vers le plafond et une myriade d’éclair s’abattirent dans la salle touchant toutes personnes présente sauf Mélinda. Certains furent tués sur le coup mais pas le Dieu-Empereur qui avait brandit son bouclier au-dessus de sa tête. Un bouclier absorbant le fluide. Un vieil artéfact qu’on lui avait offert. Pestant, l’adolescente laissa tomber son bras le long de son corps. La magie serait inefficace contre lui. Elle l’avait compris. Souriant de façon malsaine, le Dieu-Empereur attaqua Mélinda qui para de justesse le coup d’épée destiné à son flanc gauche. Elle repoussa le mzékils dont les ailes noires battaient l’air. S’en suivit un combat épique où chacun donna et reçu des coups. Bientôt, Morloc fut acculé contre un mur sans bouclier et sans épée. Mélinda était dans un piteux état, son arcade droite était ouverte, son flanc gauche saignait abondamment et elle avait de nombreuses entailles sur tout le corps. Elle prit du recul, préparant son épée et l’enfonça au plus profond du ventre du Dieu-Empereur. L’arme ressortie dans le dos du souverain. Ecarquillant les yeux, il posa ses mains sur les épaules de Mélinda.

 

« Co… Comment ?

– Je suis l’Enac, celle qui sauve le monde de ton joug partial et injuste ! Je suis la guerrière du peuple. L’Elue des Dieux ! Et toi, tu meurs ici et maintenant. »

 

Glissant contre la paroi murale, Morloc s’écroula, du sang aux commissures des lèvres.

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